SODWANA BAY, UN BOUT DU MONDE
Un bout du monde. Paisible. Très beau. Des heures et des heures de traversée. Surtout des miracles, des anges et de la foi.
Je suis à Sodwana Bay et nous sommes mardi 26 juillet 2005.
Je ne suis pas mécontente d'avoir renoncé à visiter cette fois la grande cité froide et moderne de Johannesbourg. Les townships de Soweto doivent présenter d'autres intérêts.
Je suis arrivée trop tard dimanche après-midi de l’aéroport pour réussir à voir les amis de Daniel, un ancien collègue parisien. Mon vol Saint-Denis de la Réunion - Jo’burg avait eu quelque retard.

Ici, les gens évitent de sortir après la tombée de la nuit. Ce rendez-vous tombait à l’eau et ne sera pas remis : tant pis, je voulais fuir la ville dès la première heure le lendemain, pour gagner le grand large, la côte Est, quitte à me priver de précieux conseils et du plaisir d’apporter les amitiés d’outremer.
La navette de l’auberge backpacker , où j’avais réservé un lit me récupère à l’aéroport. Elle prend également à son bord un couple et leurs deux enfants, qui vivent comme moi à la Réunion. Les deux petites filles, qui n’ont pas dix ans, sont surprises du logement spartiate et font part de leur vive désapprobation à leurs parents. Le charme et l’ancienneté de la grande bâtisse du Ritz, avec son curieux donjon et son joli jardin, n’effaçaient pas la moue boudeuse des fillettes face à cette organisation communautaire. Leurs parents les taquinent sur les mauvaises habitudes prises avec des hôtels plus luxueux.
Je les rejoins à la terrasse du bistrot le plus proche pour l’apéritif. Toutes les maisons et leurs clôtures sont hérissées de fils barbelés. Nous apprenons que le bar fermera à dix-huit heures trente, soit dans une heure à peine et qu’ils ne servent plus que des frites à dîner ; et il n’y en a plus pour tout le monde.
Soit. Va pour le partage des dernières frites et l’apprentissage de ce rythme où tout ferme avant que l’obscurité n’offre un univers de dangers que tous fuient, avant que son heure ne survienne.
Bah, mes amis du soir vivront dès le lendemain au rythme de la nature, en plein safari, dans des camps sur les réserves. Et quant à moi, je verrai bien…
Après tout, exceptées les deux nuits réservées à Sodwana Bay, je ne sais pas grand-chose de mon itinéraire. Si ce n’est que j’aimerais rejoindre la ville du Cap dans trois semaines en longeant la côte Est.