
En août 1999, j'ai pu concrétiser mon plus vieux rêve d'enfant. Je m'estimais terriblement chanceuse et je souhaite à tout le monde de pouvoir en dire autant. Mais quand le rêve devient réalité, on n'ose pas penser qu'on aura à nouveau l'occasion de repartir pour un tour. Et pourtant…
Non content de nous avoir fait crapahuter sur des chemins tout justes bons pour les chèvres, patauger dans l'eau tout habillés, escalader des rochers, affronter le vide, galoper à fond la caisse dans le désert, manger du sable et de la poussière, voilà que Rémy nous propose de recommencer…
C'est reparti pour un tour. Ou plutôt non, et c'est là justement que réside tout le rêve. Le voyage de cet été était un circuit organisé, pratiqué déjà depuis plusieurs années. Ca faisait des années que je voulais le faire, j'attendais juste d'avoir suffisamment de sous et le niveau d'équitation nécessaire. Ce nouveau voyage n'a rien à voir. Déjà parce qu'il n'était pas "programmé" dans mes petites tablettes. Ensuite parce que c'est une première autant pour moi, que pour Bob ou Rémy. Nous n'avons pas payé pour un "circuit touristes", mais pour aller accompagner la transhumance qui se fait tous les ans pour descendre les bêtes vers des cieux plus cléments en hiver. Quelque part nous nous sentons des cow-boys dans l'âme qui partent travailler. Ce dont nous ne nous sommes pas privés de nous vanter auprès de notre entourage "Je pars faire la transhumance en Utah avec les cow-boys" et non "Je pars en vacances faire du cheval dans un ranch".
Vous saisissez la nuance ? Non probablement pas. Ce qui explique l'ennui évident des gens à qui je montre mes photos. Les premières vaches ça va, mais les photos suivantes les dépassent complètement. Quant à la dernière pochette elle est généralement regardée façon jeu de cartes… Mais je ne vous en veux pas, difficile de faire partager ses rêves. Après tout le rêve de l'un peut être le cauchemar de l'autre.