Je n'aurais jamais cru que nous foulerions à nouveau le sol américain aussi rapidement. Un ange prénommé Irène, que je remercie du fond du cœur, nous a permis de donner une suite à nos aventures dans l'Ouest américain et de repartir en septembre 2006 pour trois nouvelles semaines de découverte!
L’itinéraire que j’ai concocté cette fois-ci n’était pas idéal car certaines étapes étaient un peu longues, mais comme nous sommes partis accompagnés de mon filleul, qui n’avait jamais mis un orteil dans cette partie du monde auparavant, nous étions obligés de repasser par certains lieux incontournables et j’ai donc tenté de combiner au mieux cet impératif avec le plaisir de la découverte de nouveaux espaces. Nous avons traversé 10 états : Oregon, Idaho, Montana, Wyoming, Utah, Colorado, Nouveau Mexique, Arizona, Nevada et Californie. Et dans l’ensemble, je n’ai pas été déçue ! Paysages inoubliables, sentiment de liberté et émotions étaient une fois de plus au rendez-vous !
Si c'était à refaire, je ne partirais plus de Portland, mais de Denver. Non que l'Oregon et l'Idaho n'aient rien à offrir, mais ils nous auraient fallut beaucoup plus de temps pour explorer les richesses de ces deux Etats. La route que nous avons suivie ne valait pas le coup que nous lui consacrions deux journées entières.
10 septembre 2006
Nous sommes partis de la maison dès potron-minet afin d’arriver tôt à Zaventem et d’avoir le temps de faire face aux nombreux contrôles mis en place durant l’été 2006 : multiples papiers à remplir, un seul bagage par personne, pas de liquides dans la cabine, j’ai même craint un moment de devoir laisser mon précieux appareil photo dans la valise, à la merci des manières peu délicates des bagagistes… Mais finalement, j’ai pu garder mon cher Nikon avec moi.
remière escale à Chicago, où nous avions environ 6 heures d’attente, qui se sont transformées en 10 à cause du mauvais temps. Nous avons passé ce long intervalle en partie dans l’Admiral’s Club, le salon particulier d’American Airlines, où de confortables fauteuils étaient à notre disposition. Mais je vous dis tout de suite que cela ne valait tout de même pas les 100 dollars que nous avions payé pour ça. Le steward de Zaventem nous avait dit que nous aurions droit à des boissons et un repas, mais il y avait juste du café, quelques pommes et un immense pot de cacahuètes trop épicées. Le vrai repas, il fallait le payer.
Nous sommes donc arrivés éreintés à Portland et il était bien trop tard pour entamer un tour de la ville. Nous nous sommes contentés de prendre la navette vers l’hôtel où nous nous sommes effondrés vite fait dans les bras de Morphée…
11 septembre 2006
Nous nous sommes levés tôt ce matin, car les garçons étaient impatients de découvrir leur voiture pour les trois semaines à venir. Après un copieux petit déjeuner, la navette de l’hôtel nous a déposés avec armes et bagages chez Alamo où les garçons ont pu choisir entre 3 modèles de 4x4, le grand luxe. Et les garçons ont opté pour une magnifique Chevrolet Trailblazer, spacieuse et confortable.
Avant d’entamer la longue traversée de l’Oregon, nous avons fait un court arrêt dans un supermarché pour acheter quelques provisions. Il faut le faire au moins une fois. Leurs supermarchés sont immenses et c’est surprenant de voir ce que les Américains peuvent avaler!
Les courses faites, nous avons pris la Highway 84 vers l’est. C’est une belle autoroute qui longe la Columbia River, frontière naturelle entre l’Oregon et l’état de Washington. A Troutdale, nous avons obliqué sur l’Historic Columbia River Highway. Longue de 150 km, cette route fut inaugurée en 1916 et était surnommée « the king of roads ». Des murs de pierre envahis de mousse, des dizaines de chutes d’eau, cette route est l’une des plus belles des USA.
Malheureusement elle était partiellement fermée et nous n’avons pas pu la visiter dans son ensemble comme je l’avais initialement prévu. Nous avons tout de même pu admirer quelques très beaux points de vue, notamment du haut de la Vista House à Crown Point. Nous sommes également allés voir les Latourell Falls desquelles on peut se rapprocher en suivant un joli sentier dans les bois. Quand on ne connaît que la cascade de Cooz, ces chutes étaient tout de même impressionnantes.
Cette route présente un autre intérêt : elle suit le parcours de l’Oregon Trail. Dans les années 1800, cette piste a permis la migration de milliers d’aventuriers venus tenter leur chance dans l’Ouest.
Au départ, il s’agissait d’une série de pistes tracées par les Indiens, et les trappeurs les utilisèrent pour transporter leurs fourrures. Vinrent ensuite les missionnaires qui établirent quelques églises dans le Nord-Ouest. Mais c’est à Joel Walker que revient le mérite d’avoir fait le voyage complet, du Missouri à la Willamette Valley, en 1840. Il fut ensuite suivi par de longues caravanes qui regroupaient parfois jusqu’à 800 personnes, 120 chariots et 5000 têtes de bétail.
En 1906, Ezra Meeker, un ancien pionnier, entreprit de sauvegarder cette fameuse route et fit placer des panneaux commémorant l’importance historique de l’Oregon Trail. Il fallut tout de même attendre 1978 pour que le Congrès la désigne officiellement Oregon National Historic Trail. Sur les 2000 miles du départ, il n’en reste aujourd’hui que 300.
Ensuite, nous avons tracé la route jusqu’à Baker City, en traversant des paysages arides, plats, des champs à perte de vue, des collines aux pentes douces, des forêts. Les paysages sur cette portion de route n’étaient peut-être pas extraordinaires, mais cela nous a permis de sortir des programmes touristiques habituels et d’aller à la rencontre d’une Amérique plus authentique. En tous cas, il faisait très chaud et sec et je ne m’attendais pas à ce genre de climat en Oregon. Nous aurons le même temps demain en Idaho et une pompiste texane m’a appris qu’ils connaissaient une terrible canicule depuis huit ans, mais qu’auparavant, toute cette région était très verte.
Nous nous sommes arrêtés pour passer la nuit à Baker City, une jolie petite ville, comptant quelques belles maisons anciennes et un très bel hôtel. Nous nous sommes contentés de loger à l’Eldorado Inn et c’était parfait !
12 septembre 2006
Après une nuit réparatrice et un frugal petit déjeuner, nous avons repris notre route en direction de l’Idaho et de notre destination du jour : Pocatello.
Comme hier, nous avons traversé de longues étendues de prairies et de champs, des collines brûlées par le soleil, des petites villes anodines. La route que nous avons choisie par manque de temps ne nous permettra malheureusement pas de voir les plus beaux coins de l’Idaho, le pays de la pomme de terre. Ce sera pour une autre fois…
Nous avons fait un arrêt à Twin Falls pour admirer la vue du pont le plus haut de l’état, Perrin Bridge. C’est le lieu de rendez-vous de nombreux base jumpers. Si vous passez par là, n’hésitez pas à entrer dans le Visitor Center, qui est tenu par des mamies bénévoles bien sympathiques et vous leur ferez plaisir en plantant un petit drapeau sur leur carte du monde pour signaler votre pays d’origine. Nous avons également fait un crochet par les Shoshone Falls. A la bonne saison (au printemps), ces chutes sont plus fortes que celles du Niagara. Malheureusement, nous les avons vues à leur cours le plus bas, mais cela valait tout de même la peine d’aller y faire un tour.
Comme nous avions bien roulé, nous avons décidé de poursuivre notre route jusqu’à Idaho Falls mais nous nous sommes trompés de sorté et, chose incroyable, nous avons trouvé des kilomètres de magasins, de galeries commerciales, de fast-foods, de pompes à essence, mais pas un seul motel !!! Nous avons donc continué jusqu’à Rexburg, à quelques encablures du Yellowstone. Nous avons trouvé une jolie chambre dans un AmericInn (nous avons mangé un bout au Hard Hat Steakhouse, sympa) et nous avons passé la soirée dans de bons gros fauteuils en cuir, au coin d’une grande cheminée en pierre.