Mercredi 10 juillet 
Réveil vers 7h dans la brume. Pour un départ en kayak, cela s’annonce pas tout à fait dans les meilleures conditions. La brume se lève petit à petit. Après avoir fait nos sacs, chargé le kayak, l’heure du départ approche. 11h, derniers aux revoirs et départ en kayak pour la grande aventure. Nous avons fait à peine 200 mètres que les galères commencent. En effet le safran n’est pas correctement réglé et nous nous retrouvons à faire des arcs de cercles. Nous nous arrêtons le long de la côte et je sors du kayak. L’endroit n’est pas très bien choisi puisque je me retrouve avec de l’eau au niveau de la poitrine. Après quelques réglages, nous repartons.
Les bras et les épaules souffrent de cet exercice nouveau pour les marcheurs que nous sommes. Tout au long de la journée, le spectacle est là pour nous distraire. Nous voyons quelques phoques et des centaines d’icebergs de tailles différentes depuis celui pour le whisky jusqu’aux immeubles les plus gigantesques.
Il fait beau, la brume s’est dispersée, le soleil est de la partie. Les icebergs craquent et réalisent parfois de véritables explosions ou des pétarades. Quelques uns se renversent consécutivement à l’écroulement d’un pan de glace. Leurs coloris vont du blanc carton pâte jusqu’au bleu acier en passant au bleu turquoise.
Nous terminons dans la baie d’Anoritôq avec des icebergs à profusion. Nous nous arrêtons à coté d’une cabane fermée. C’est notre plus belle journée dans l’isolement le plus complet en symbiose avec la nature.
Le réchaud refuse de fonctionner. Je joue les Mike Gyver en le démontant complètement. Après un bon nettoyage, ce dernier accepte de bien vouloir redémarrer.
Jean-Marc Périgaud, Aventurier, Photographe et Guide Polaire