
Déjà une semaine que nous sommes installés dans cette grotte nichée sur une des crêtes menant à la chaîne des Dhauladar et toujours pas d'amélioration météo en vue. La mousson a pris un mois d'avance sur son calendrier habituel. Ce sont chaque jour des océans de nuages qui remontent des plaines indiennes et viennent s'échouer contre la première barrière rocheuse de l'Himalaya indien, une longue arrête qui court sur plus de 1000Km a une altitude moyenne de 4500m. Les trombes d'eau et les brouillards épais n'encouragent pas à se lancer dans les pentes raides qui conduisent au Indrahar-La.

Mais la Donkey Team ne va pas se décourager pour autant. Notre abri, bien qu'exigu, offre une vue imprenable sur la vallée de la Kangra et sur le spectacle toujours saisissant des masses noires et chargées d'eau qui nous percutent de plein fouet. Badour, le berger avec qui nous devons entreprendre la traversée jusqu'au Lahaul, est plus inquiet. Autour de sa cabane de pierre, le sol transformé en bourbier par la pluie et le troupeau de 250 têtes favorise la propagation des microbes et autres salmonelles, de plus les pâturages alentours s'épuisent. Il ne peut retarder encore longtemps la transhumance : déjà, plusieurs chèvres sont tombées malades. Nous attendons tous une matinée sans vent annonciatrice d'une belle journée. Selon le dicton Gaddi 'Nei awah nei barkha' (pas de vent pas de pluie).
Second du Concours de Carnets de Voyage 2006 organisé par
I-Voyages en partenariat avec
A Cheval en Corse,
Carnets d'Aventures,
Chemins du Rêve,
Editions Complicités,
Europe Active,
Forum tour du Monde,
Khyam,
Let's Talk,
Patrick Chatelier et
Rêves et Nature