
En 2005, à bord d’une pirogue transformée en voilier à balancier. Matthieu Virot et Marc Gayot ont descendu le Rio Negro puis l’Amazone, de São Gabriel da Cachoeira à Belém, soit 3000 km. Ce carnet concerne le Rio Negro.
UN AN PLUS TÔT : L’AMAZONE ? SURTOUT PAS !

— Comment va Hélène ? demandais-je à Matthieu qui la quittait pour le Brésil.
— Elle est inquiète.
Mais pourquoi donc le serait-elle ? La jungle ? Les jaguars ? Les caïmans ? Les piranhas ? La malaria ?
— Non, rien de tout ça.
— Mais qu’est-ce qui l’inquiète alors ?
— Que je parte avec toi.
Nous allons descendre deux des plus gros cours d’eau d’Amérique.
L’Amazone, bien sûr. Et le Rio Negro. De São Gabriel da Cachoeira, près de la frontière du Brésil avec la Colombie, jusqu’à Belém, sur l’Atlantique.
Sans moteur.
Et sans effort superflu. Car nous ne venons pas relever un défi mais plutôt nous plonger dans une toile du Douanier Rousseau. Pourquoi maquiller notre périple en exploit ? Le fard partirait au premier bain. Peu nous importe les slogans ronds et sensationnels, type Le tour du monde ou La descente de l’Amazone depuis sa source.
D’ailleurs, dîtes, l’Amazone depuis la source, ce doit être rasant.
Descendre l’Amazone, tout le monde imagine à peu près pourquoi. Mais le Rio Negro, il faut tout expliquer. Expliquer qu’il est noir et ambré et qu’il est si lisse que l’Amazonie s’y mire.
Et qu’il n’y aurait là-bas pas de moustiques.
N’est-ce pas là assez convaincant ?
Troisième du Concours de Carnets de Voyage 2006 organisé par
I-Voyages en partenariat avec
A Cheval en Corse,
Carnets d'Aventures,
Chemins du Rêve,
Editions Complicités,
Europe Active,
Forum tour du Monde,
Khyam,
Let's Talk,
Patrick Chatelier et
Rêves et Nature