
La Terre de Feu, synonyme de terres les plus australes de la planète pour les uns, célébrée pour le passage du cap Horn pour les autres, mais rarement associée a des randonnées. Et c’est pourtant bien, une multitude de terres, qui n’ont encore pas, ou peu, été foulées qui attendent le voyageur à la recherche d’espace, de glaciers et de silence.
Une exigence cependant, il faut s’attendre à marcher hors sentier, car ils ne sont pas encore très définis, aimer inventer son chemin, l’imaginer le nez au vent. Une des seule façon de voyager est d’arpenter les chenaux à bord d’un voilier, naviguer de mouillage en mouillage afin de parvenir au fond des fjords et, approcher les nombreux glaciers qui s’y jettent. C’est en effet, pas moins de 3000 kilomètres carrés de champs de glace qui recouvrent la cordillère de Darwin de la terre de feu.
La Patagonie et plus particulièrement la Terre de Feu est sortie de son anonymat en Octobre 1520, après que Magellan ai emprunté, pour la première fois, le détroit qui portera son nom. Territoire grand comme pratiquement deux fois la France, peuplé de quelques milliers d’Indiens nomades, il a longtemps été considéré par les européens comme une « tiera de nadie » : une terre où il n’y a rien.

Ce sont d’abord les explorateurs comme Drake, Cook, Fitzroy, Darwin… qui ont participé à la naissance de la légende ; bien avant que l’Argentine et le Chili ne la cartographie et utilise ces terres vierges pour l’élevage extensif des moutons.
Son éloignement, ses contours incertains, la nombreuse littérature qui en a fait son décor et bien sûr, le mythique cap Horn tant redouté des navigateurs ont contribué à rendre cette terre fascinante.
Au de-là de cette fascination, la Terre de Feu propose une diversité de paysages qui justifie cette réputation : cette appendice, coincée entre deux océans, est traversée par des fleuves, surmontée par des glaciers dont certains se jettent dans la mer. Ce contraste, entre mer et montagne, la juxtaposition des zones polaires et tempérées, justifie sa découverte, aussi bien par la mer et les canaux que par ses randonnées à inventer.
C’est Ushuaia, en Argentine, qui a le privilège, grâce à son aéroport, d’accueillir la plupart des visiteurs de la Terre de Feu. Ville australe par excellence, dont le nom garantit à lui seul un voyage de rêve. Au début de son histoire, elle était associée aux bagnards, aux pionniers ainsi qu’à la solitude. Aujourd’hui, elle est avant tout une ville de tôle ondulée de 45 000 habitants qui s’est agrandie d’une façon hétéroclite, sans véritablement se soucier de la nature qui l’environne. Base de départ pour les luxueuses croisières de l’Antarctique, ainsi que les navigateurs qui veulent accrocher en trophée le passage du cap Horn, elle est aussi le point de départ de fabuleuses randonnées dans le canal de Beagle.
Texte et photos :
Marie Laure Vairelles, photographe (reportage et montage)