La grande île, un espace où abonde une végétation et une faune pour lesquels le mot « endémique » prend toute sa valeur. Entre Afrique et Asie, les terres rouges ont été façonnées par des peuples venus de continents différents : une mosaïque de cultures qui en cohabitant ont créé l’esprit malgache.
Décrire Madagascar, c’est parler d’un patchwork où les déserts cohabitent avec les forêts tropicales humides, les plages de sable fin avec les dédales de marais à la végétation inextricable. Les hautes terres du centre occupent plus des deux tiers de l’île : lacs, rivières, collines et pics dont quelques sommets rocheux culminent à plus de 2600 m. C’est aussi un véritable grenier avec ses rizières taillées à flans de collines comme en Asie.
Les climats sont à l’image de cette diversité, les cyclones dévastent fréquemment la côte Est où les pluies abondent, tandis que les régions du Sud soufrent ponctuellement de sécheresse.
La nature, véritable patrimoine de Madagascar est en proie à une déforestation à grande échelle. 80 % de ces espèces sont uniques au monde. En réaction, une cinquantaine de parcs nationaux et réserves naturelles intégrales ont été aménagé afin de préserver la faune et la flore.
On arrive à Tana avec des images pleins la tête, s’imaginant déjà avoir tout vu, tout vécu lorsque quelques semaines plus tard on sera de nouveau à bord de cet avion qui nous ramènera chez nous. Le paysage au sortir de l’aéroport est ponctué de rizières, l’avancée de notre taxi, qui date des années cinquante est arrêtée par un cortège de charrettes tirées par des zébus : le ton du voyage est donné. Plus ici qu’ailleurs, on ne « fait » pas Madagascar, mais on le vit, au rythme de la vie de ses habitants. Aller à la rencontre de ce pays, c’est choisir une destination et se laisser porter au gré du vent et des pistes.


Dans notre monde actuel ou vitesse et rentabilité font partie des valeurs les plus valorisantes, la meilleure façon de s’imprégner de ce pays (où ces notions sont complètement désuètes) est de prendre le temps de s’arrêter dans les petits villages, emprunter les taxis brousse bondés qui ne partent que lorsque la dernière place est occupée, attendre le jour du marché où se retrouve l’ensemble de la population. Plonger au cœur du pays, c’est aussi emprunter le train, notamment celui qui relie Fianarantsoa à Manakara sur la côte Est.
Texte et photos :
Marie-Laure Vairelles, photographe (reportage et montage)