
J'ai mis deux semaines en canoë pour relier Whitehorse à Dawson distant d’un peu plus de 700 kilomètres, un siècle après la fameuse ruée vers l’or du Klondike. Sur le Yukon, il reste encore beaucoup de vestiges tels que des cabanes de bûcheron, des relais télégraphiques, des cafés et un bateau à aube… Tout ceci a été laissé tel quel au plus tard en 1953 car la route est devenue l’axe de transport et le service de bateaux à aube a été abandonné. De nos jours, le Yukon est redevenu totalement sauvage. J’y ai vu des orignaux, des ours noirs, des grizzlys un renard, un lynx et des pygargues mais aussi beaucoup d’oiseaux migrateurs tels que plongeons, bernaches du Canada, cygnes, goélands, sternes arctiques …
Jour 1 :
Nous avions décidé avec un groupe d'amis de rejoindre Dawson en descendant le fleuve Yukon en canoë. Cette descente devait durer quinze jours pendant lesquels nous ne croiserions qu'un village (Carmacks).
Le grand jour arrive enfin. Après avoir fait le plein de provision, nous préparons les canoës en les chargeant du mieux possible. Dans chaque canoë nous avons chacun nos effets personnels, une tente, des caisses de nourriture et une partie de l'équipement collectif - telles que gamelles, scie, réchaud ....
C'est le moment de se jeter à l'eau, ou plutôt de se lancer sur l'eau. Le courant nous emmène rapidement. Les eaux sont d'une transparence telle que des cailloux à moins d'un mètre de fond sont visibles.
A peine avons nous quitté la civilisation que nous sommes plongés dans la nature. Les pygargues survolent le fleuve en surveillant le moindre mouvement des poissons.
Nous nous arrêtons après une bonne entrée en matière au tout début du lac Laberge. Il s'agit alors de monter le camp, chercher du bois, faire un feu pour nous réchauffer et nous permettre de préparer un bon repas. Nous sommes à 50 mètres d'une hutte de castors. Tous les bouleaux sont coupés à 20 cm du sol. Dans la soirée, nous avons la chance d'en voir deux. L'un d'eux transporte un branchage.