Partie I : Bischkek - Camp de Base
Arrivée à l'aéroport Bishkek, Kyrgyzstan, le 10 août 2004, puis nous retrouvons 3 des nôtres et les sacs les plus lourds 60 à 80 Kg par sac à dos (120 litres) à la gare. Après 3 heures de négociations avec la douane nous sortons les sacs pour seulement quelques Euros (au lieu de pire si nous avions été pressé) et nous louons un minibus et son chauffeur pour rejoindre le lieu de notre premier camp, au pied de la montagne par laquelle nous passerons au Kazakhstan à Cheval.
C'est au dessus de la route nord du très grand lac salé de montagne Issil-Koul, et il faut environ 4 heures de route à partir de la capitale.
Premier soir en campagne, après déjà deux nuits à dormir dans la gare de Bâles (Suisse) allongé sur le kayak et dans l'avion de nuit entre Moscou et Bischkek.
Le moral est au beau fixe et les fringues aussi.... Cela ne devrait pas rester ainsi pour les fringues tout du moins. Pour le moral on a confiance, et l'équipe est au poil.
Le lendemain, les kyrgyzs rencontrés dans la montagne nous louent leur chevaux et nous accompagnent jusqu'au col-frontière. Ils ne veulent pas ammener les sacs jusqu'à la rivière, de l'autre côté de la montagne, pour d'obscures raisons de frontière. Vu l'absence avérée de garde frontière à cette altitude nous soupçonnons une grosse flemme. Toutefois, le kayak et les catamarans, la nourriture pour 30 jours, sont chargés tant bien que mal sur les chevaux pour l'ascension.
PROBLEME : Les Kyrgyzs ne savent pas attacher le Kayak et après 3 tentatives différentes, toujours en refusant qu'on le fasse à leur place, nous disent que nous pouvons nous le porter nous-même. La négociation semble impossible, surtout avec nos amis russes qui ne veulent pas insister, ce que j'ai de la peine à comprendre vu que c'est tout de même nous qui payons le service de transport. En français difficile d'aller plus loin dans la conversation. Je remarque que là-bas comme en Europe il faut faire le travail à la place de celui qu'on a payé pour qu'il le fasse, et le tout en le remerciant encore pour tout ce qu'il a fait pour nous. Enfin donc, passons... c'est donc chacun de nous qui s'y colle à tour de rôle.... et qui grimpe destination 3'700 mètre pour la première nuit....
Mais je n'ai pas dis mon dernier mot et après propositions et la description détaillée de la manière dont je propose d'attacher le kayak je parviens finallement à faire plier mes amis russes et surtout les Kyrgyzs. Je réussis à attacher le kayak sur un cheval sans trop de résistance de la part de son maître... et c'est un peu surpris qu'ils voient que le kayak tient à sa place et que le cheval accepte d'avancer... Pas de commentaires...
Heureusement ! Car ce qui suit aurait été des plus éprouvant avec un kayak sur le dos, déjà que tout le monde s'arrête pour respirer tous les 500 mètres alors qu'ils n'ont pas de sac à porter. Se visualisant à se coletiner le kayak à cette altitude, si je n'avais pas insisté pour le remettre sur un cheval, ils reconnaissent
mon obstination comme salutaire à posteriori. C'est alors que la neige fait son apparition et que le col-frontière se rapproche.
Là, accident dans la dernière montée d'éboulis (pas de photos). Le cheval bascule dans le vide et se retrouve un mètre cinquante plus bas avec tous les bagages passé du même côté, le fixant au sol par leur poids. Anatole 1er, Anatole II et moi-même jouons du couteau pour le libérer dans le minimum de temps possible.
Nous devons aider le cheval à se relever. Ces chevaux sont courageux, et bien éduqués. Le nôtre a attendu notre signal pour se relever et n'a pas commencé à paniquer dans tous les sens. Le colletinage se fait finallement à dos d'homme pour les 100 mètres restant et le col est là, à 200 mètre au dessus de nous.
C'est là que nous passons la nuit. Il neige et le lendemain nous retrouvons tout notre matériel sous une bonne petite couche de blanc bien froid. Mais le soleil arrive vite et les 150 derniers mètres de montée (verticale) puis toute la descente de l'autre côté se font à dos d'homme... EN DEUX ALLER ET RETOUR !!!
Elongation des ligaments de la hanche droite, et ça on peut remercier les Kyrgyzs de ne pas avoir voulu porter le kayak lors de la montée.
Ce n'est pas une raison pour chômer... mais c'est dur. Un kayak c'est pas fait pour se trimbaler aussi haut sans véhicule porteur, crénom !
Le kayak, bourré de matériel, de boîtes de conserve et de sacs, a d'abord été monté au col, puis descendu sur un petit glacier de 300 mètres de long.
C'est ensuite le passage de l'immense barrière de moraine (pierres rejettées en aval du glacier) qu'il a fallu effectuer. C'est long.
Enfin l'arrivée d'un peu de plat (ci-dessus) permet d'avancer plus vite.
Mais le kayak a déjà été pas mal amoché dans la traversée des moraines. Sa face inférieure est complètement rayée et cabossée.
L'apparition d'une rivière permet de le descendre un peu plus vite (ci-dessous), et c'est alors alourdi de plusieurs sacs supplémentaires que le kayak poursuit sa descente.
Je laisse finallement le kayak au bord de la rivière au moment où elle devient trop importante pour y laisser descendre le kayak de cette manière. Surtout que plusieurs cascades de 20 à 25 m sont annoncées. Je descends donc les sacs sans le kayak jusqu'au bas de la vallée où nous ferons notre camp de base.
Là, un bon repas rationné, comme tous les autres, nous attend. Vous voyez ci-dessous la répartition en parts égales de la ration du jour : pain sec, gras de lard, bordj (soupe à base de betterave mais sans goût de betterave du tout), ail, oignon, bonbons.
C'est ensuite l'occasion de faire sécher la tente sous le soleil.
Nous remontons pendant ce temps avec la corde de 50 mètres et nous remontons le kayak de la rivière jusqu'au chemin (à 4 personnes).
C'est ensuite par là qu'il rejoint le camp de base, tiré à deux.
Il faut cacher le kayak pour une durée de 8 à 9 jours, soit celle prévue pour le trek en haute montagne qui nous attend.
Mission accomplie, le kayak, et tout le reste du matériel, catamarans, nourriture, sera retrouvé au complet.