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Le
survol du pays venant de Madrid est spectaculaire. A 10000 mètres d’altitude,
les passagers découvrent les sommets enneigés des volcans perçant la
couverture nuageuse. Le Chimborazo et le Cotopaxi annoncent l’atterrissage après
plus de 10 heures de vol. L’avion passe juste au-dessus de la ville de Quito,
qui s’étale dans une vallée entourée de montagnes culminant à plus de
4000m d’altitude.
Le
taxi nous amenant de l’aéroport à l’hôtel passe par de gros boulevards
aux noms évocateurs comme Avenida Amazonas, America, Colomb, etc. Les
Equatoriens que nous voyons sont petits, ont la peau bronzée, les cheveux noirs
et sont vêtus d’habits multicolores. L’architecture, les couleurs et
l’ambiance qui règne donnent immédiatement envie de découvrir la ville
perchée à 2850m d’altitude.

La
ville coloniale de Quito est classée patrimoine de l’humanité. Les bâtiments,
les places et les palais coloniaux aux couleurs pastel font penser à
l’Espagne. La visite passe par le Pancenillo, la statue de la vierge dominant
la ville, la Place San Francisco et de L’Indépendance, la cathédrale et les
rues commerçantes grouillant de monde.
Quelques
jours à Quito offrent l’opportunité de découvrir la ville et la culture du
pays mais surtout c’est une excellente base pour visiter les environs. En cinq
jours, nous avons fait du vélo sur la face ouest du Volcan Guagua Pichincha,
visité le village de Calderon où sont fabriquées de mignonnes figurines en pâte
à pain, préparé la suite du séjour en faisant les réservations nécessaires
avec l’aide des nombreuses agences de voyage installées à Quito. Nous sommes
descendus dans le cratère du Pululahua et visité le monument Mitad del Mundo
construit sur la ligne de séparation des hémisphères. A
deux heures de bus au nord de Quito, il y a aussi Otavalo, célèbre pour
l’artisanat et le marché aux légumes qui s’y tient quotidiennement.
La
visite du pays commence par le parc du volcan Cotopaxi situé au bord de la
Panaméricaine à 120km au sud de la capitale. Plusieurs haciendas bâties par
les espagnols logent les touristes désireux de passer quelques jours à
proximité du parc. Depuis les hôtels, bâtis dans la plaine, on peut voir le
soleil couchant sur le cône parfait du volcan enneigé.


Une
excursion magnifique consiste à monter jusqu’au refuge de montagne situé à
5000m et puis de faire une randonnée sur le paramo où avec un peu de chance
l’on peut croiser un troupeau de chevaux sauvages. Le sentiment de liberté dégagé
par ces animaux galopant dans un environnement préservé de l’activité
humaine transpose le touriste aux portes de la naissance du monde.
L’accompagnement d’un guide est recommandé.
L’allée
des volcans formée par les volcans de la cordillère des Andes dessine le
paysage tout au long de la route panaméricaine. Des lacs d’altitude se sont
formés dans certains cratères de volcans éteints depuis des millénaires.
Ici, on les appelle des lagunes. Celle de Quilotoa, à l’ouest du Cotopaxi,
est atteignable en 4x4 par une piste défoncée passant par Zumbahua. Durant
deux heures, on roule dans un paysage de montagnes couvertes d’un patchwork de
cultures allant du jaune au vert foncé. Ici, on rencontre les habitants des
montagnes au regard dur et à la peau burinée par le soleil. Les lamas et
moutons sont au bord des routes. Les bergers, des jeunes enfants de moins de 10
ans, nous regardent passer avec un brin d’agressivité et de jalousie. De
toute évidence, on n’est pas les bienvenus. D’ailleurs, il est connu que
les voitures qui vont à Quilotoa se font régulièrement canarder de pierres
lancées par les habitants des villages. Arrivé à la lagune, on découvre un
cratère aux eaux turquoises contrastées par l’ombre des nuages. A
l’horizon, on aperçoit le Cotopaxi qui domine toute la région.

Tracé
tout au long de la panaméricaine, le Ferrocarril, dont il ne reste
aujourd’hui qu’une portion en fonctionnement, permet de plonger dans les
montagnes, les gorges et les vallées. Malheureusement, le parcours Ambato-Nariz
del Diablo est devenu hyper touristique et le charme d’antan a été remplacé
par une industrie lucrative. Ceux qui sont prêts à payer 50$ par personne pour
passer quelques heures sur le toit du train, en plein vent et dans des températures
pouvant être glaciales, doivent se rendre à la gare de la ville de Riobamba.
Il est conseillé d’arriver deux jours avant le départ pour acheter ses
billets, avoir une chambre d’hôtel mais surtout pour admirer le site entouré
des plus grands volcans : l’Altar, le Chimborazo, le Tungurahua (au
loin), etc. Pour ceux qui, comme nous, n’adhérent pas à la philosophie du
touriste exploité et exploitant, ne prenez pas le train mais allez au
Chimborazo, au village de Guano et profitez pleinement d’une population locale
beaucoup plus chaleureuse qu’à Quito. Ici, l’altitude est moins élevée,
les champs sont verts, l’économie fonctionne mieux et donc les gens sont plus
souriants.

Après
plus d’une semaine dans les hautes montagnes, nous quittons Riobamba pour
rejoindre la ville tropicale de Banos. La route directe est fermée depuis l’éruption
du Tungurahua et il faut repasser par Ambato pour aller à la petite ville de
Banos, blottie au fond de la vallée dominée par le volcan majestueux du
Tungurahua crachant son panache de fumée. Cité autrefois très prisée pour
ses bains et son air agréable, elle a été totalement évacuée lorsque le
volcan est entré en éruption en 2001. Le désastre prévu n’ayant pas eu
lieu, les habitants ont commencé à revenir malgré l’interdiction. Depuis,
l’économie locale reprend doucement. Il fait calme dans la ville comme si
tout le monde attendait quelque chose. Le risque de catastrophe annoncée tout
au long de la route n’empêche cependant pas certains touristes de venir. Ce
serait dommage d’avoir peur de l’explosion du volcan, qui serait fatale pour
les habitants, et de ne pas profiter du paysage somptueux qui love la ville
construite le long du Rio Pastaza. Depuis Banos, de nombreuses randonnées sont
possibles pour découvrir la montagne et réaliser des prises de vues
incroyables des gorges du Rio Pastaza et des montagnes avec, en arrière plan,
le panache de poussières craché par le volcan. Il serait aussi dommage de ne
pas faire la route Banos Puyo à vélo en se laissant descendre vers le bassin
de l’Amazone le long des gorges bordées de cascades et d’à-pics à couper
le souffle.

Le
paysage montagneux prend fin à Banos. En continuant plus à l’est, on entre
dans la Cloud Forest et puis dans la forêt tropicale humide. En quelques
heures, l’altitude passe de 2000m à moins de 200 et l’environnement change
radicalement. L’Equateur est sûrement le seul pays au monde où il est
possible de se baigner dans le Pacifique au matin, de déjeuner face à des
sommets de plus de 6300m et de dîner dans un lodge le long d’un affluent de
l’Amazone. Faire la route Banos-Puyo-Tena en bus est étonnant. On quitte les
montagnes, ses habitants couverts comme en hiver et les lamas pour arriver à
Tena. Il y fait chaud, le niveau d’humidité est proche de 100%, les gens sont
en T-shirt et short. Les fruits tropicaux remplacent les patates et les
habitants ne sont plus des descendants des Incas mais des indiens quechua.

Après
les autocars 4x4 et les pistes tracées à flancs de montagnes ou l’on craint
de tomber dans un précipice profond de 200 mètres, on voyage en pirogue sur
les rivières larges aux eaux troubles. Au Liana Lodge, nous logeons dans des
huttes construites en bois et couvertes de toits en feuilles de palmiers. Il
n’y a pas d’électricité mais la qualité de logement et du restaurant
l’emporte sur cet unique manque de confort.
C’est
en compagnie de Umberto, un indien quechua travaillant au lodge que l’on découvre
la forêt équatoriale et le petit village d’Ahuano situés en amont du Rio
Napo. Durant les trois jours, il nous expliquera les vertus médicinales des
arbres, nous fera découvrir les habitants de la foret et leur traditions, nous
montrera comment pêcher, chercher de l’or mais surtout il nous fera profiter
du paysage forestier en nous emmenant naviguer en pirogue sur la rivière. Ces
quelques jours reposant à l’écart du monde civilisé seront un de nos
meilleurs souvenirs.
Le
voyage nous ayant amené dans les montagnes andines, près des volcans, dans la
forêt tropicale et en Amazonie, se termine et il faut retourner à Tena pour
prendre le bus vers Quito. Le trajet commence par deux heures de piste le long
du pipe line trans-équatorien. Ensuite, c’est à travers des paysages
montagneux hallucinants que l’on mettra environ 10 heures pour rejoindre Quito
où nous attend l’avion du retour pour Madrid.
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