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Equateur : de l'allée des volcans à la forêt amazonienne

01/05/2004 - Lu 9416 fois
L’Equateur, un petit pays d’Amérique du Sud où les gens vivent la tête dans les nuages et où le terme “Aventures” a encore un sens.
Nouvelle page 1

 

 

 

Le survol du pays venant de Madrid est spectaculaire. A 10000 mètres d’altitude, les passagers découvrent les sommets enneigés des volcans perçant la couverture nuageuse. Le Chimborazo et le Cotopaxi annoncent l’atterrissage après plus de 10 heures de vol. L’avion passe juste au-dessus de la ville de Quito, qui s’étale dans une vallée entourée de montagnes culminant à plus de 4000m d’altitude.

 

Le taxi nous amenant de l’aéroport à l’hôtel passe par de gros boulevards aux noms évocateurs comme Avenida Amazonas, America, Colomb, etc. Les Equatoriens que nous voyons sont petits, ont la peau bronzée, les cheveux noirs et sont vêtus d’habits multicolores. L’architecture, les couleurs et l’ambiance qui règne donnent immédiatement envie de découvrir la ville perchée à 2850m d’altitude.

 

 

La ville coloniale de Quito est classée patrimoine de l’humanité. Les bâtiments, les places et les palais coloniaux aux couleurs pastel font penser à l’Espagne. La visite passe par le Pancenillo, la statue de la vierge dominant la ville, la Place San Francisco et de L’Indépendance, la cathédrale et les rues commerçantes grouillant de monde.

 

Quelques jours à Quito offrent l’opportunité de découvrir la ville et la culture du pays mais surtout c’est une excellente base pour visiter les environs. En cinq jours, nous avons fait du vélo sur la face ouest du Volcan Guagua Pichincha, visité le village de Calderon où sont fabriquées de mignonnes figurines en pâte à pain, préparé la suite du séjour en faisant les réservations nécessaires avec l’aide des nombreuses agences de voyage installées à Quito. Nous sommes descendus dans le cratère du Pululahua et visité le monument Mitad del Mundo construit sur la ligne de séparation des hémisphères.  A deux heures de bus au nord de Quito, il y a aussi Otavalo, célèbre pour l’artisanat et le marché aux légumes qui s’y tient quotidiennement.

 

La visite du pays commence par le parc du volcan Cotopaxi situé au bord de la Panaméricaine à 120km au sud de la capitale. Plusieurs haciendas bâties par les espagnols logent les touristes désireux de passer quelques jours à proximité du parc. Depuis les hôtels, bâtis dans la plaine, on peut voir le soleil couchant sur le cône parfait du volcan enneigé.

 

 

 

Une excursion magnifique consiste à monter jusqu’au refuge de montagne situé à 5000m et puis de faire une randonnée sur le paramo où avec un peu de chance l’on peut croiser un troupeau de chevaux sauvages. Le sentiment de liberté dégagé par ces animaux galopant dans un environnement préservé de l’activité humaine transpose le touriste aux portes de la naissance du monde. L’accompagnement d’un guide est recommandé.

 

L’allée des volcans formée par les volcans de la cordillère des Andes dessine le paysage tout au long de la route panaméricaine. Des lacs d’altitude se sont formés dans certains cratères de volcans éteints depuis des millénaires. Ici, on les appelle des lagunes. Celle de Quilotoa, à l’ouest du Cotopaxi, est atteignable en 4x4 par une piste défoncée passant par Zumbahua. Durant deux heures, on roule dans un paysage de montagnes couvertes d’un patchwork de cultures allant du jaune au vert foncé. Ici, on rencontre les habitants des montagnes au regard dur et à la peau burinée par le soleil. Les lamas et moutons sont au bord des routes. Les bergers, des jeunes enfants de moins de 10 ans, nous regardent passer avec un brin d’agressivité et de jalousie. De toute évidence, on n’est pas les bienvenus. D’ailleurs, il est connu que les voitures qui vont à Quilotoa se font régulièrement canarder de pierres lancées par les habitants des villages. Arrivé à la lagune, on découvre un cratère aux eaux turquoises contrastées par l’ombre des nuages. A l’horizon, on aperçoit le Cotopaxi qui domine toute la région.

 

 

Tracé tout au long de la panaméricaine, le Ferrocarril, dont il ne reste aujourd’hui qu’une portion en fonctionnement, permet de plonger dans les montagnes, les gorges et les vallées. Malheureusement, le parcours Ambato-Nariz del Diablo est devenu hyper touristique et le charme d’antan a été remplacé par une industrie lucrative. Ceux qui sont prêts à payer 50$ par personne pour passer quelques heures sur le toit du train, en plein vent et dans des températures pouvant être glaciales, doivent se rendre à la gare de la ville de Riobamba. Il est conseillé d’arriver deux jours avant le départ pour acheter ses billets, avoir une chambre d’hôtel mais surtout pour admirer le site entouré des plus grands volcans : l’Altar, le Chimborazo, le Tungurahua (au loin), etc. Pour ceux qui, comme nous, n’adhérent pas à la philosophie du touriste exploité et exploitant, ne prenez pas le train mais allez au Chimborazo, au village de Guano et profitez pleinement d’une population locale beaucoup plus chaleureuse qu’à Quito. Ici, l’altitude est moins élevée, les champs sont verts, l’économie fonctionne mieux et donc les gens sont plus souriants.

 

 

Après plus d’une semaine dans les hautes montagnes, nous quittons Riobamba pour rejoindre la ville tropicale de Banos. La route directe est fermée depuis l’éruption du Tungurahua et il faut repasser par Ambato pour aller à la petite ville de Banos, blottie au fond de la vallée dominée par le volcan majestueux du Tungurahua crachant son panache de fumée. Cité autrefois très prisée pour ses bains et son air agréable, elle a été totalement évacuée lorsque le volcan est entré en éruption en 2001. Le désastre prévu n’ayant pas eu lieu, les habitants ont commencé à revenir malgré l’interdiction. Depuis, l’économie locale reprend doucement. Il fait calme dans la ville comme si tout le monde attendait quelque chose. Le risque de catastrophe annoncée tout au long de la route n’empêche cependant pas certains touristes de venir. Ce serait dommage d’avoir peur de l’explosion du volcan, qui serait fatale pour les habitants, et de ne pas profiter du paysage somptueux qui love la ville construite le long du Rio Pastaza. Depuis Banos, de nombreuses randonnées sont possibles pour découvrir la montagne et réaliser des prises de vues incroyables des gorges du Rio Pastaza et des montagnes avec, en arrière plan, le panache de poussières craché par le volcan. Il serait aussi dommage de ne pas faire la route Banos Puyo à vélo en se laissant descendre vers le bassin de l’Amazone le long des gorges bordées de cascades et d’à-pics à couper le souffle.

 

 

Le paysage montagneux prend fin à Banos. En continuant plus à l’est, on entre dans la Cloud Forest et puis dans la forêt tropicale humide. En quelques heures, l’altitude passe de 2000m à moins de 200 et l’environnement change radicalement. L’Equateur est sûrement le seul pays au monde où il est possible de se baigner dans le Pacifique au matin, de déjeuner face à des sommets de plus de 6300m et de dîner dans un lodge le long d’un affluent de l’Amazone. Faire la route Banos-Puyo-Tena en bus est étonnant. On quitte les montagnes, ses habitants couverts comme en hiver et les lamas pour arriver à Tena. Il y fait chaud, le niveau d’humidité est proche de 100%, les gens sont en T-shirt et short. Les fruits tropicaux remplacent les patates et les habitants ne sont plus des descendants des Incas mais des indiens quechua.

 

 

Après les autocars 4x4 et les pistes tracées à flancs de montagnes ou l’on craint de tomber dans un précipice profond de 200 mètres, on voyage en pirogue sur les rivières larges aux eaux troubles. Au Liana Lodge, nous logeons dans des huttes construites en bois et couvertes de toits en feuilles de palmiers. Il n’y a pas d’électricité mais la qualité de logement et du restaurant l’emporte sur cet unique manque de confort.

 

C’est en compagnie de Umberto, un indien quechua travaillant au lodge que l’on découvre la forêt équatoriale et le petit village d’Ahuano situés en amont du Rio Napo. Durant les trois jours, il nous expliquera les vertus médicinales des arbres, nous fera découvrir les habitants de la foret et leur traditions, nous montrera comment pêcher, chercher de l’or mais surtout il nous fera profiter du paysage forestier en nous emmenant naviguer en pirogue sur la rivière. Ces quelques jours reposant à l’écart du monde civilisé seront un de nos meilleurs souvenirs.

 

Le voyage nous ayant amené dans les montagnes andines, près des volcans, dans la forêt tropicale et en Amazonie, se termine et il faut retourner à Tena pour prendre le bus vers Quito. Le trajet commence par deux heures de piste le long du pipe line trans-équatorien. Ensuite, c’est à travers des paysages montagneux hallucinants que l’on mettra environ 10 heures pour rejoindre Quito où nous attend l’avion du retour pour Madrid.

 

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Auteur : bengos | Travels : 0 | infos sur l'auteur | contactez l'auteur | le site de l'auteur